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CMAJ : Canadian Medical Association Journal
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Pratique
Cinq Choses À Savoir …
Salpingectomie prophylactique pour réduire le risque de cancer de l’ovaire
Werger Megan BSc
Ardestani Shakiba Khalkhali MD
Sobel Mara MD MSc
University of Toronto (Werger); Département d’obstétrique et gynécologie (Khalkhali Ardestani, Sobel), University of Toronto, Toronto, Ont.
Correspondance : Mara Sobel, mara.sobel@sinaihealth.ca
16 9 2024
16 9 2024
196 30 E1055E1056
© 2024 AMC Impact Inc. ou ses concédants
2024
https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ Il s’agit d’un article en libre accès distribué conformément aux modalités de la licence Creative Commons Attribution (CC BY-NC-ND 4.0), qui permet l’utilisation, la diffusion et la reproduction dans tout médium à la condition que la publication originale soit adéquatement citée, que l’utilisation se fasse à des fins non commerciales (c.-à-d., recherche ou éducation) et qu’aucune modification ni adaptation n’y soit apportée. Voir : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/
Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.231763
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pmcLe carcinome séreux de l’ovaire de degré élevé (CSODE) de malignité est la forme la plus répandue et la plus mortelle des cancers de l’ovaire, et affecte 1 femme sur 701,2

Il n’existe pas de test de dépistage efficace du CSODE, et les personnes consultent souvent lorsque la maladie est déjà à un stade avancé. De 70 %–80 % des morts par cancer de l’ovaire sont dues au CSODE1.

Le CSODE prend naissance dans les franges de la trompe de Fallope3

Ce cancer se développe progressivement dans l’épithélium de la trompe de Fallope distale. La lésion précurseure est un carcinome intraépithélial séreux tubaire, qui se dissémine et qui s’intègre à la surface des ovaires3,4. Compte tenu de cette pathogenèse, la salpingectomie bilatérale prophylactique peut abaisser le risque de CSODE dans la population générale3. D’après une étude de cohorte populationnelle, chez les personnes qui ont subi une salpingectomie simple ou bilatérale (n = 34 433), on a observé une réduction de 65 % du risque de cancer de l’ovaire, comparativement à celles qui n’avaient pas subi l’intervention (n = 5 449 119)4.

La salpingectomie prophylactique préserve la fonction hormonale et est sûre3,5

Les trompes de Fallope ne sont utiles qu’au moment de la conception spontanée et les ovaires se trouvent préservés avec la salpingectomie. La salpingectomie prophylactique, effectuée à l’occasion d’une hystérectomie ou d’un accouchement par césarienne a donné lieu à un taux de complications comparable à celui de ces interventions effectuées seules5. On devrait donc offrir cette possibilité à toutes les personnes soumises à une chirurgie pelvienne qui ne souhaitent pas ou plus procréer5.

La salpingectomie prophylactique a remplacé la ligature des trompes pour la planification des naissances

On privilégie la salpingectomie plutôt que la ligature des trompes pour une contraception définitive parce qu’elle réduit le risque de CSODE, sans effets sur les risques chirurgicaux5. D’après une revue systématique, il n’y aurait aucune différence statistiquement significative sur les plans des pertes sanguines, des complications péri-opératoires et des taux postopératoires d’hormones antimüllériennes entre ces 2 interventions6.

L’avancée en âge, les antécédents familiaux et certaines mutations génétiques sont des facteurs de risque de CSODE1

Comparativement à la population générale, les personnes porteuses des variants pathogènes des gènes BRCA1 ou BRCA2 ont un risque respectif de 44 % ou de 27 % de développer un CSODE avant d’atteindre l’âge de 70 ans1. Les personnes porteuses de variations de séquence qui accroissent le risque de CSODE devraient être adressées en gynécologie ou en oncogynécologie pour une discussion sur la possibilité de subir une salpingo-ovariectomie prophylactique. Des études en cours visent à vérifier si la salpingectomie, suivie ultérieurement d’une ovariectomie postménopausique ne serait pas envisageable chez les personnes ayant un risque élevé de CSODE2.

Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.

Intérêts concurrents : Aucun déclaré.

Cet article a été révisé par des pairs.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
==== Refs
Références

1 Lisio M-A Fu L Goyeneche A . High-grade serous ovarian cancer: basic sciences, clinical and therapeutic standpoints. Int J Mol Sci 2019;20 :952.30813239
2 Jacobson M Bernardini M Sobel ML . No. 366: Gynaecologic management of hereditary breast and ovarian cancer. J Obstet Gynaecol Can 2018;40 : 1497–510.30473125
3 Shih I-M Wang Y Wang T-L . The origin of ovarian cancer species and precancerous landscape. Am J Pathol 2021;191 :26–39.33011111
4 Falconer H Yin L Grönberg H . Ovarian cancer risk after salpingectomy: a nationwide population-based study. J Natl Cancer Inst 2015;107 :dju410. doi: 10.1093/jnci/dju410.25628372
5 Committee on Gynecologic Practice. Opportunistic salpingectomy as a strategy for epithelial ovarian cancer prevention. Obstet Gynecol 2019;133 : e279–84.30913199
6 Mills K Marchand G Sainz K . Salpingectomy vs tubal ligation for sterilization: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol 2021;224 : 258–65.e4.32941790
