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Tunis Med
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La Tunisie Médicale
0041-4131
2724-7031
Tunisian Society of Medical Sciences

Article
Connaissances des médecins tunisiens à propos de la cigarette électronique
Knowledge of Tunisian physicians about electronic cigarettesKammoun Imtinen 11
Hajri Ahlem 11
Driss Faten 11
Zalila Haifa 11
Maamri Amira 11
1. Outpatient and Emergency Department, Razi Hospital, Manouba - Tunis Faculty of Medicine, University of Tunis El Manar, Tunis, Tunisia
6 2023
05 6 2023
102 6 366371
2022
https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 Unported License. To view a copy of this license, visit https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/
RESUME

Introduction: La cigarette électronique est un produit tabagique de nouvelle génération dont le mécanisme d’utilisation permettrait en théorie de minimiser les conséquences néfastes sur la santé. Objectif: Déterminer les connaissances et les perceptions d’un échantillon de médecins tunisiens vis-à-vis de la cigarette électronique.Méthodes: Nous avons conduit une étude transversale descriptive à visée analytique sur une période de deux mois auprès d’un échantillon de médecins tunisiens. Nous avons utilisé un auto-questionnaire en ligne portant sur les connaissances et les perceptions des médecins concernant la cigarette électronique.Résultats: Les données ont été obtenues auprès de 216 médecins. Parmi les participants, 97,2% connaissaient les cigarettes électroniques, 56,5 % déclaraient avoir des connaissances faibles et 83,4% ont exprimé leur motivation à en apprendre davantage sur les cigarettes électroniques. D’une manière globale, 83,8 % des médecins estimaient que la cigarette électronique est nocive pour la santé de l'utilisateur. L’utilisation de ce produit accroîtrait le risque de cancer selon 73,1% des participants, le risque de maladies cardiovasculaires selon 68,5% des participants et le risque de maladies pulmonaires chroniques selon 79,2% des participants. La perception des cigarettes électroniques comme étant nocives pour la santé de l’utilisateur était associée à la spécialité médicale des médecins (p=0,032). La recommandation de la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique était corrélée négativement à la formation en addictologie (p=0,027). Conclusions: Les connaissances des médecins à propos des cigarettes électroniques sont hétérogènes traduisant le manque d’information et de consensus à l’heure actuelle.

ABSTRACT

Introduction: The electronic cigarette is a new-generation smoking product whose mechanism of use could, in theory, minimize adverse health effects. Aim: Determine the knowledge and perceptions of a sample of Tunisian doctors regarding electronic cigarettes. Methods: We conducted a descriptive cross-sectional study over a two-month period with a sample of Tunisian doctors. We used an online self-questionnaire on physicians' knowledge and perceptions of e-cigarettes. Results: Data were obtained from 216 physicians. Of the participants, 97.2% were familiar with e-cigarettes, 56.5% reported low knowledge, and 83.4% expressed motivation to learn more about e-cigarettes. Overall, 83.8% of doctors felt that electronic cigarettes are harmful to the user's health. Use of this product would increase the risk of cancer according to 73.1% of participants, the risk of cardiovascular disease according to 68.5% of participants, and the risk of chronic lung disease according to 79.2% of participants. The perception of e-cigarettes as harmful to the user's health was associated with the physicians' medical specialty (p=0.032). The recommendation of e-cigarettes as a smoking cessation tool was negatively correlated with addictology training (p=0.027). Conclusions: Physicians' knowledge of electronic cigarettes is heterogeneous, reflecting the current lack of information and consensus.

Mots clés

Connaissances
Perceptions
Médecins
Cigarette électronique
E
cigarette AbstRActIntroduction
The electronic cigarette is a new
generation smoking product whose mechanism of use could
in theory
minimize adverse health effects
Keywords

Knowledge
Perceptions
Physicians
Electronic cigarette
E
cigarette CorrespondanceImtinen Kammoun Service des consultations externes et des urgences
Hôpital Razi
Manouba
==== Body
pmc1. INTRODUCTION

Le tabagisme constitue un problème de santé publique en raison de ses impacts négatifs sur la santé des consommateurs en termes de morbidité et de mortalité, qu'ils soient fumeurs actifs ou passifs. En effet, le tabac est considéré comme l'une des principales causes de décès évitables dans le monde. Il est à l'origine de plus de 8 millions de décès chaque année (1).Pour faire face aux politiques de lutte anti-tabac, les acteurs de l'industrie du tabac ont réagi par la conception de nouveaux produits afin d’assurer le maintien de leur marché. Cela s’est traduit par la diversification des produits du tabac et l'émergence des produits du tabac dits de nouvelle génération, tels que le tabac chauffé et les cigarettes électroniques (2).Les cigarettes électroniques sont des appareils fonctionnant avec des piles et dotés d'un mécanisme de chauffage qui chauffe la solution d'inhalation dédiée produisant un aérosol qui est inhalé dans les poumons. Ce dispositif permet d’éviter le phénomène de combustion du tabac et de minimiser en théorie les conséquences néfastes pour la santé (3).Alors que la consommation des E-cigarettes connait une expansion dans le monde, il serait important d’étudier les positions et les attitudes des médecins face à ces alternatives au tabac classique.En effet, en tant que professionnels de la santé, les connaissances des médecins constituent un déterminant majeur des mesures thérapeutiques à adopter face à un patient tabagique, et notamment en se prononçant sur les éventuelles indications de la cigarette électronique et sa place dans le sevrage tabagique.Cependant, les données de la littérature suggèrent que les connaissances des médecins à travers le monde restent insuffisantes (4). En Tunisie, à notre connaissance, il n’existe pas à ce jour des études sur les connaissances et les perceptions des médecins tunisiens sur la cigarette électronique.L’objectif de notre étude était de déterminer les connaissances et les perceptions d'un échantillon de médecins tunisiens concernant la cigarette électronique.

2. METHODES

Nous avons mené une étude transversale, descriptive, observationnelle et analytique sur une période de deux mois entre Mars et Avril 2022.Les critères d’inclusion étaient les médecins ayant la nationalité tunisienne, ayant terminé les 5 ans d’externat, appartenant au secteur privé ou public, exerçant en Tunisie ou à l’étranger et inscrits et actifs sur les réseaux sociaux. Les critères de non inclusion étaient les étudiants en médecine en premier cycle de formation, les médecins de formation médicale qui n’exercent pas d’activité médicale et les médecins non-inscrits sur les réseaux sociaux. Nous avons exclus les formulaires non complètement remplis.

Déroulement de l’étude

Nous avons utilisé un hétéro-questionnaire sous forme de formulaire « GoogleForms » que nous avons diffusé à travers les réseaux sociaux. Il a été élaboré en se référant aux études précédemment publiées sur les perceptions de la cigarette électronique chez les professionnels de santé (5–7). Le questionnaire comprenait 21 questions suivant une échelle du type Likert en 4 choix des questions (de « pas du tout d’accord » à « tout à fait d’accord »). Il était composé de 2 parties :1. Données sociodémographiques et professionnelles: Le genre, l’âge, l’état civil, le grade ou poste occupé, la spécialité, l’existence ou non d’une formation en addictologie et en tabacologie. 2. Données relatives aux connaissances des médecins à propos de la cigarette électronique : Les effets des cigarettes électroniques sur la santé, leur potentiel addictif et leur réglementation.Nous avons obtenu le consentement de chaque participant avant de commencer l’étude.

Analyse statistique

Toutes les analyses ont été effectuées à l'aide de la 25ème version de Statistical Package for Social Sciences (SPSS). La normalité des distributions des variables a été évaluée par le test de Shapiro-Wilk. La distribution des variables catégorielles a été représentée par des fréquences et des proportions accompagnées d'intervalles de confiance à 95 %. Le test du chi-carré et le test Exact de Fisher ont été utilisés pour comparer les variables catégorielles. Le seuil de signification p<0,05 a été considéré pour tous les tests statistiques.

3. RESULTATS

Nous avons inclus 216 sujets avec un sex-ratio F/H de 2,22 (69 % de femmes). L’âge moyen des participants était de 34,6 ±8,9 ans. Plus que la moitié des participants étaient des médecins en cours de formation (55,1%). Plus des deux tiers de notre groupe étaient des médecins spécialistes (69,9%), de spécialité non chirurgicale dans la majorité des cas (75,5%), dont cinquante-huit (38,4%) étaient des psychiatres. Les caractéristiques détaillées des participants sont présentées dans le tableau 1.

Parmi les participants, 89,8% ont indiqué avoir appris l'existence des E-cigarettes par des membres de leur famille ou des amis et seulement 22,7 % à partir d'articles scientifiques (Figure 1).

3.1.1.1. Effectuer les séances d’entraînement 1-2 heures avant l’Iftar

Parmi les médecins, 31,5% ont déclaré avoir des connaissances moyennes sur les E-cigarettes et seulement 5 % ont estimé que leur niveau de connaissances sur les E-cigarettes était élevé.Par ailleurs, 83,4 % des participants ont exprimé la volonté d’en savoir plus sur les E-cigarettes, comme le montre le tableau 2.

Effets des E-cigarettes sur la santé

armi les médecins, 83,8% ont affirmé que les E-cigarettes sont nocives pour la santé de l’utilisateur et 69,9% ont déclaré l’existence d’un effet nocif de la cigarette électronique sur la santé des personnes à proximité de l’utilisateur.Par ailleurs, 87,5% ont affirmé que les E-cigarettes sont nocives pour la santé de la femme enceinte. Près de deux tiers des participants (64,4%) ont estimé que la cigarette électronique est moins nocive que la cigarette classique.Selon les répondants, les E-cigarettes seraient cancérigènes (73,1 %), augmenteraient le risque de maladies cardiovasculaires (68,5 %) et le risque de maladies pulmonaires chroniques (79,2 %).Cependant, plus de la moitié des participants étaient d'accord avec l'affirmation selon laquelle l'utilisation des E-cigarettes, comparée au tabagisme, est associée à un risque plus faible de cancer (53,7%) ou de maladies cardiovasculaires (52,8%), alors que 79,2% ont estimé que ce risque de maladies broncho-pulmonaires chroniques est plus faible en comparaison avec les cigarettes classiques (Tableau 3).L’affirmation que les E-cigarettes sont nocives pour la santé de l’utilisateur était associée à la spécialité médicale des médecins (p=0,032 ; r=0,146) (Tableau 4).La perception de la nocivité des E-cigarettes pour les femmes enceintes était corrélée négativement au statut professionnel « les médecins en cours de formation » (p=0,034 ; r=-0,841) (Tableau 5).

Potentiel addictif de l’utilisation des E-cigarettes

Parmi les personnes interrogées, 85,6% (n=185) se sont prononcées pour le potentiel de dépendance des E-cigarettes. Par ailleurs, 60,2% des participants (n=130) n'étaient pas d'accord avec l'affirmation selon laquelle les E-cigarettes sont moins addictives que le tabagisme conventionnel. L'affirmation selon laquelle l'E-cigarette pourrait être une "porte d'entrée" vers le tabagisme conventionnel a été validée par 80,1% des participants.

Potentiel addictif de l’utilisation des E-cigarettes

Parmi les personnes interrogées, 85,6% (n=185) se sont prononcées pour le potentiel de dépendance des E-cigarettes. Par ailleurs, 60,2% des participants (n=130) n'étaient pas d'accord avec l'affirmation selon laquelle les E-cigarettes sont moins addictives que le tabagisme conventionnel. L'affirmation selon laquelle l'E-cigarette pourrait être une "porte d'entrée" vers le tabagisme conventionnel a été validée par 80,1% des participants. Parmi les participants, 32,9 % ont affirmé que les E-cigarettes devraient être recommandées comme moyen de sevrage tabagique, et 31 % étaient d'accord que les fumeurs qui ne veulent pas arrêter de fumer devraient utiliser les E-cigarettes (tableau 4). Concernant la femme enceinte tabagique, 82,4% des médecins n’étaient pas d’accord pour proposer l’E-cigarette comme moyen de sevrage de la cigarette classique.Aucune corrélation n’a été relevée entre les caractéristiques socioprofessionnelles et les perceptions des médecins relatives au potentiel addictif (Tableau 5). La recommandation de l’E-cigarette comme outil de sevrage tabagique était corrélée négativement à la formation en addictologie (p=0,027).La proposition de l’E-cigarette chez les fumeurs qui ne veulent pas arrêter de fumer était corrélée positivement au statut professionnel des médecins en cours de formation (p=0,008) (Tableau 5).

Réglementation légale pour les E-cigarettes

Parmi les participants, 74 % se sont prononcés pour la nécessité de l’interdiction de la promotion et de la publicité des E-cigarettes. De même, la plupart des répondants se sont manifestés en faveur de l’interdiction de l'E-cigarette aux mineurs (85,7 %), dans les lieux publics (71,3 %) et dans les milieux intérieurs (85,2 %).

4. DISCUSSION

Dans notre étude, la majorité des personnes interrogées (97,2 %) connaissaient les E-cigarettes. Cette prévalence concorde avec les résultats d’une étude faite en Pologne (5). En effet, ceci pourrait s'expliquer par le fait que cette question a été largement débattue et discutée dans les médias.Nous avons relevé que seulement 22,7% des médecins obtiennent des informations sur les E-cigarettes à partir d'articles scientifiques. La plupart des sujets ont appris au sujet des E-cigarettes à partir de sources non

scientifiques, telles que des familles ou des amis (89,8%), des objets publicitaires (21,3%) et des annonces télévisées (10,2%). Des résultats similaires ont été observés chez les professionnels de la santé aux États-Unis, où les sources d'information sur les E-cigarettes les plus fréquemment citées étaient les patients (62 %) ou les journaux (39 %) (6).Seulement 5% des participants ont indiqué avoir un niveau élevé de connaissances sur les E-cigarettes, et 83,4% des médecins ont exprimé leur volonté d'en connaître davantage sur les E-cigarettes. Similairement, aux États-Unis, selon une étude conduite par Gorzkowski et al., plus de la moitié (57%) des spécialistes et des généralistes ont déclaré qu'ils manquaient de confiance dans leur niveau de connaissances sur les E-cigarettes et dans leur capacité à répondre aux questions de leurs patients sur les E-cigarettes (7).Dans notre travail, les participants ont considéré que les E-cigarettes sont nocives à la fois pour les utilisateurs (83,8%, n=181) et pour les personnes à proximité (69,9%, n=151). Ces résultats sont concordants avec les données publiées antérieurement sur les perceptions concernant les E-cigarettes parmi les professionnels de santé d'autres pays (8–10).La perception des E-cigarettes comme nocives pour la santé de l’utilisateur était corrélée positivement à la spécialité médicale (p=0,032). En effet, deux études réalisées aux Etats-Unis ont conclu que les médecins généralistes, les pneumologues et les cardiologues sont plus confrontés aux demandes des patients consommateurs des E-cigarettes, ce qui les rend plus conscients de leurs méfaits sur la santé de l’utilisateur (11, 12).Au sujet de la femme enceinte, 87,5% des médecins ont affirmé la nocivité des cigarettes électroniques au cours de la grossesse. Ceci traduit à l’heure actuelle un manque de preuves concluantes sur l’innocuité de la vapeur de la cigarette électronique pour le fœtus en développement. Certaines études ont mis en exergue les conséquences délétères du produit sur le développement fœtal telles que la réduction du volume pulmonaire et de l’apparition de lésions d’emphysème (13). Les médecins en cours de formation, en comparaison à ceux ayant terminé leur formation, percevaient significativement moins la nocivité de la cigarette électronique chez la femme enceinte (p=0,034). Ceci pourrait rendre compte du manque des connaissances concernant les méfaits et la tératogénicité de ce produit tabagique.Dans notre enquête, l’utilisation de l’E-cigarette accroîtrait le risque de cancer, de maladies cardiovasculaires, de pneumopathies chroniques et aigues selon respectivement 73,1%, 68,5%, 68,5% et 79,5% des participants. Cependant, les risques pour la santé liés à l'utilisation de l'E-cigarette étaient perçus comme étant inférieurs à ceux des cigarettes combustibles. Cela pourrait être inhérent au fait que son dispositif ne réalise pas un processus de combustion comme le tabac classique d’où l’absence d’émission de monoxyde de carbone (CO) (14).Dans notre étude, 85,6% des participants ont admis que les E-cigarettes induiraient une dépendance et 80,1% des médecins ont affirmé que leur utilisation peut conduire à l'utilisation de cigarettes conventionnelles à l'avenir ("porte d’entrée"). Ces résultats s’alignent avec les données de la littérature. En effet, 75% des médecins américains pensaient que les E-cigarettes pouvaient être une "porte d'entrée" vers l'utilisation de produits de la cigarette classique (6).De même, 83 % des professionnels de la santé en Belgique ont déclaré que les E-cigarettes entraîneraient une normalisation du tabagisme et pourraient même initier les usagers à consommer du tabac combustible (9).Dans notre étude, les médecins qui ont été formés en addictologie proposaient significativement moins l’E-cigarette comme moyen de sevrage (p=0,027).Ce fait pourrait être expliqué par une meilleure documentation sur ces produits et par conséquent de l'impact de la dépendance sur la santé et sur les comportements des patients (15).Concernant la femme enceinte tabagique, 82,4% des participants n’approuvaient pas la proposition de l’E-cigarette comme moyen de sevrage de la cigarette classique. Grangé G et al ont conclu que les médecins peuvent être plus réticents à recommander la cigarette électronique pendant la grossesse en raison du manque de preuves concluantes sur l'innocuité de la vapeur pour le fœtus en développement (16).Concernant la réglementation, 74 % des participants étaient d'accord avec la nécessité de l’interdiction de la promotion et de la publicité des E-cigarettes. De même, la plupart des répondants se sont exprimés pour l’interdiction de l'E-cigarette aux mineurs (85,7 %), dans les lieux publics (71,3 %) et dans les milieux intérieurs (85,2 %). En Tunisie, le ministère de la santé a prévu en 2020 de réglementer le commerce des cigarettes électroniques afin d'en limiter la propagation. Cependant, ce projet n’a pas été encore concrétisé à ce jour.Sur le plan international, l'OMS a publié un rapport en 2021 qui souligne les risques pour la santé associés à l'utilisation de l'E-cigarette, en particulier chez les jeunes (17). A notre connaissance, notre étude est la première en Tunisie à traiter du sujet des connaissances et perceptions des médecins à propos de la cigarette électronique. Ce sujet s’impose de plus en plus parallèlement à l’expansion de son usage dans le monde. Limites L’effectif de notre population était relativement faible limitant la généralisation de nos résultats. De plus, l’utilisation d’un questionnaire en ligne, distribué via les réseaux sociaux et basé sur le volontariat est à l’origine d’un biais d’auto-sélection. En effet, les individus intéressés par un sujet donné se sentiraient plus concernés par le questionnaire et répondraient plus volontiers, ce qui peut affecter la représentativité de l’échantillon.Par ailleurs, nos résultats doivent être interprétés avec prudence car ils reflètent les connaissances, les croyances et les perceptions des médecins à l'égard des E-cigarettes, plutôt que les estimations précises du risque.

CONCLUSIONS

Il en ressort de notre étude, que même si les connaissances d’une proportion considérable des médecins au sujet des E-cigarettes s’alignaient avec les données scientifiques actuelles, et ce sur plusieurs questions soulevées, ces connaissances demeurent assez hétérogènes et divergentes. Cette divergence s’est manifestée au niveau de ses effets délétères sur la santé, son pouvoir addictif, son apport en matière de réduction de risques pour la santé et notamment en matière d’aide au sevrage tabagique. Par ailleurs, les attitudes des médecins vis-à-vis des indications de la cigarette électronique étaient mitigées, reflétant à la fois le manque d'information et l'absence de consensus à l'heure actuelle. Ceci nous mène à souligner l’intérêt majeur des formations continues en tabacologie et en addictologie.
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