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10.1503/cmaj.231550-f
196e1020
Pratique
Cinq Choses À Savoir …
Sialorrhée chez l’enfant (incontinence salivaire)
Gandhi Karan MD
Strychowsky Julie E. MD MAS
Chen Breanna A. MD
Départements d’oto-rhino-laryngologie – chirurgie cervico-faciale (Gandhi, Strychowsky) et de pédiatrie (Chen), Schulich School of Medicine and Dentistry, Western University; Children’s Health Research Institute (Chen), Lawson Health Research Institute, London, Ont.
Correspondance : Breanna Chen, BreannaAshley.Chen@lhsc.on.ca
9 9 2024
09 9 2024
196 29 E1020E1021
© 2024 AMC Impact Inc. ou ses concédants
2024
https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ Il s’agit d’un article en libre accès distribué conformément aux modalités de la licence Creative Commons Attribution (CC BY-NC-ND 4.0), qui permet l’utilisation, la diffusion et la reproduction dans tout médium à la condition que la publication originale soit adéquatement citée, que l’utilisation se fasse à des fins non commerciales (c.-à-d., recherche ou éducation) et qu’aucune modification ni adaptation n’y soit apportée. Voir : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/
Voir la version anglaise de l’article ici : www.cmaj.ca/lookup/doi/10.1503/cmaj.231550
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pmcLes enfants atteints d’une déficience neurologique présentent souvent une sialorrhée

On peut considérer la sialorrhée (incontinence salivaire) comme normale chez les enfants présentant un développement typique jusqu’à l’âge de 4 ans. Elle se manifeste chez de nombreux enfants (jusqu’à 44 %) atteints de paralysie cérébrale1. Typiquement, le résultat d’un mauvais contrôle de la motricité orale, elle fluctue au cours de la trajectoire développementale de l’enfant. On devrait envisager les facteurs réversibles contribuant à la sialorrhée, comme une obstruction nasale, des problèmes dentaires et les effets de certains médicaments (p. ex., les benzodiazépines et la clozapine).

Les effets indésirables et les répercussions sur la qualité de vie guident le traitement

Chez les enfants présentant une déficience neurologique, l’ensemble des fonctions, des comorbidités et des objectifs de soins sont dynamiques. L’ampleur de la sialorrhée peut aussi fluctuer. Parmi les effets indésirables, on compte des lésions cutanées, une détérioration de l’aspiration et de la respiration, de l’isolement social, une qualité de vie diminuée et un fardeau important pour les personnes proches aidantes2. Une intervention s’impose si des complications surviennent, particulièrement pour des épisodes d’aspiration récurrents ou graves.

Des interventions non médicales peuvent s’avérer bénéfiques

Il peut être utile de rappeler à l’enfant d’avaler. Une consultation en orthophonie ou en ergothérapie peut améliorer les capacités motrices orales. L’utilisation d’un siège adapté, de bavoirs, de crèmes protectrices et de dispositifs à succion atténue les répercussions de la salivation.

Les médicaments anticholinergiques offrent une efficacité variable. On augmente leur dose graduellement selon la réponse au traitement et la manifestation d’effets indésirables

On dose l’atropine à 1 % (préparation ophtalmique; hors indication) sous forme de 1 ou 2 gouttes administrées par voie sublinguale au besoin, sans dépasser 1 fois toutes les 4 heures. On amorce l’administration du glycopyrrolate, par voie orale ou au moyen d’une sonde de gastrostomie, 3 fois par jour à une dose de 0,02 mg/kg. On augmente ensuite graduellement la dose tous les 5–7 jours par des incréments de 0,02 mg/kg (dose maximale de 0,1 mg/kg). Les effets indésirables comprennent une xérostomie, de la constipation, une rétention urinaire, de la tachycardie, des troubles de la vue et des modifications du comportement3.

Des injections de toxine botulinique ou des interventions chirurgicales peuvent bénéficier aux enfants qui ne répondent pas adéquatement à la médication ou qui ne peuvent la prendre

L’injection de toxine botulinique dans les glandes salivaires diminue de façon substantielle la gravité de la sialorrhée. L’administration de cette injection, généralement échoguidée et sous sédation, est répétée tous les 4–6 mois4,5. Chez les cas réfractaires, les options chirurgicales comprennent l’excision de glandes salivaires ou la ligature du canal salivaire.

Le JAMC vous invite à soumettre vos textes pour la rubrique « Cinq choses à savoir … » en ligne à http://mc.manuscriptcentral.com/cmaj.

Intérêts concurrents : Julie Strychowsky déclare avoir reçu une subvention Catalyseur du Département d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale de Western University ainsi qu’une subvention de l’Academic Medical Organization of Southwestern Ontario, indépendamment des travaux soumis. Aucun autre intérêt concurrent n’a été déclaré.

Cet article a été révisé par des pairs.

Traduction et révision : Équipe Francophonie de l’Association médicale canadienne
==== Refs
Références

1 Speyer R Cordier R Kim JH . Prevalence of drooling, swallowing, and feeding problems in cerebral palsy across the lifespan: a systematic review and meta-analyses. Dev Med Child Neurol 2019;61 :1249–58.31328797
2 Hughes A Lambert EM . Drooling and aspiration of saliva. Otolaryngol Clin North Am 2022;55 :1181–94.36371134
3 You P Strychowsky J Gandhi K . Anticholinergic treatment for sialorrhea in children: asystematic review. Paediatr Child Health 2021;27 :82–7.35599670
4 Vashishta R Nguyen SA White DR . Botulinum toxin for the treatment of sialorrhea: a meta-analysis. Otolaryngol Head Neck Surg 2013;148 :191–6.23112272
5 Daniel SJ Fayoux P Bateman N . Comprehensive management of anterior drooling: an International Pediatric Otolaryngology Group (IPOG) consensus statement. Int J Pediatr Otorhinolaryngol le 9 mars 2023 [cyberpublication avant impression];168 :111500. doi: 10.1016/j.ijporl.2023.111500.36990032
